Fleurs de deuil

Condoléances: 20 textes pour accompagner des fleurs

Les fleurs de deuil sont un réel message de réconfort pour soutenir une famille frappée par le malheur. Voici quelques idées pour joindre un message à votre livraison de fleurs de deuil ou d’obsèques.


Le malheur de l'avoir perdu ne doit pas nous faire oublier le bonheur de l'avoir connu.

malheur

Dolorosae

Mère, voilà douze ans que notre fille est morte ;

et depuis, moi le père et vous la femme forte,

nous n'avons pas été, Dieu le sait, un seul jour

sans parfumer son nom de prière et d'amour.

Nous avons pris la sombre et charmante habitude

de voir son ombre vivre en notre solitude,

de la sentir passer et de l'entendre errer,

et nous sommes restés à genoux à pleurer.

Nous avons persisté dans cette douleur douce,

et nous vivons penchés sur ce cher nid de mousse

emporté dans l'orage avec les deux oiseaux.

Derniers vers

L'heure de ma mort, depuis dix-huit mois, 
De tous les côtés sonne à mes oreilles, 
Depuis dix-huit mois d'ennuis et de veilles, 
Partout je la sens, partout je la vois.

Plus je me débats contre ma misère, 
Plus s'éveille en moi l'instinct du malheur ; 
Et, dès que je veux faire un pas sur terre, 
Je sens tout à coup s'arrêter mon coeur.

Ma force à lutter s'use et se prodigue. 
Jusqu'à mon repos, tout est un combat ; 
Et, comme un coursier brisé de fatigue, 
Mon courage éteint chancelle et s'abat.

Sur la mort, de René-François Sully Prudhomme

I.

 

On ne songe à la Mort que dans son voisinage : 

Au sépulcre éloquent d'un être qui m'est cher, 

J'ai, pour m'en pénétrer, fait un pèlerinage, 

Et je pèse aujourd'hui ma tristesse d'hier.

 

Je veux, à mon retour de cette sombre place 

Où semblait m'envahir la funèbre torpeur, 

Je veux me recueillir et contempler en face 

La mort, la grande mort, sans défi, mais sans peur.

 

Comme un dernier rayon, André Chenier

Comme un dernier rayon, comme un dernier zéphyre
Anime la fin d'un beau jour,
Au pied de l'échafaud j'essaye encor ma lyre.
Peut-être est-ce bientôt mon tour ;
Peut-être avant que l'heure en cercle promenée
Ait posé sur l'émail brillant,
Dans les soixante pas où sa route est bornée,
Son pied sonore et vigilant,
Le sommeil du tombeau pressera ma paupière !
Avant que de ses deux moitiés
Ce vers que je commence ait atteint la dernière,
Peut-être en ces murs effrayés
Le messager de mort, noir recruteur des ombres,

"La mort et le bûcheron", Jean de la Fontaine.

Un pauvre Bûcheron, tout couvert de ramée,
Sous le faix du fagot aussi bien que des ans
Gémissant et courbé, marchait à pas pesants,
Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée.
Enfin, n'en pouvant plus d'effort et de douleur,
Il met bas son fagot, il songe à son malheur.
Quel plaisir a-t-il eu depuis qu'il est au monde ?
En est-il un plus pauvre en la machine ronde ?
Point de pain quelquefois, et jamais de repos.
Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts,
Le créancier, et la corvée

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