"Sur la mort de Marie", Ronsard.

Je songeais, sous l'obscur de la nuit endormie,
Qu'un sépulcre entr'ouvert s'apparaissait à moi.
La Mort gisait dedans toute pâle d'effroi ;
Dessus était écrit : Le tombeau de Marie.
Épouvanté du songe, en sursaut je m'écrie :
Amour est donc sujet à notre humaine loi !
Il a perdu son règne et le meilleur de soi,
Puisque par une mort sa puissance est périe.
Je n'avais achevé, qu'au point du jour voici
Un passant à ma porte, adeulé de souci,
Qui de la triste mort m'annonça la nouvelle.
Prends courage, mon âme, il faut suivre sa fin ;
Je l'entends dans le ciel comme elle nous appelle ;
Mes pieds avec les siens ont fait même chemin.

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