Fleurs Obsèques avec Interflora

Dolorosae

Mère, voilà douze ans que notre fille est morte ;

et depuis, moi le père et vous la femme forte,

nous n'avons pas été, Dieu le sait, un seul jour

sans parfumer son nom de prière et d'amour.

Nous avons pris la sombre et charmante habitude

de voir son ombre vivre en notre solitude,

de la sentir passer et de l'entendre errer,

et nous sommes restés à genoux à pleurer.

Nous avons persisté dans cette douleur douce,

et nous vivons penchés sur ce cher nid de mousse

emporté dans l'orage avec les deux oiseaux.

La Mort, Théophile Gautier

La mort est multiforme, elle change de masque 
Et d'habit plus souvent qu'une actrice fantasque ; 
Elle sait se farder, 
Et ce n'est pas toujours cette maigre carcasse, 
Qui vous montre les dents et vous fait la grimace 
Horrible à regarder.

Ses sujets ne sont pas tous dans le cimetière, 
Ils ne dorment pas tous sur des chevets de pierre 
À l'ombre des arceaux ; 
Tous ne sont pas vêtus de la pâle livrée, 
Et la porte sur tous n'est pas encor murée 
Dans la nuit des caveaux.

Grand deuil, de Nérée Beauchemin

Dans le clair-obscur de la pièce close, 

Où brûle une cire au reflet tremblant, 

Rigide, et grandi par la mort, repose 

Le corps d'un enfant habillé de blanc.

 

Sous la mousseline, on voit les mains jointes, 

La mate blancheur des doigts ivoirins, 

Les cheveux pleins d'ombre et les tempes ointes 

Qu'auréole un flot de rayons sereins.

 

Jamais des flancs purs du neigeux carrare, 

Le dernier adieu, de René-François Sully Prudhomme

Quand l'être cher vient d'expirer, 

On sent obscurément la perte, 

On ne peut pas encor pleurer : 

La mort présente déconcerte ;

 

Et ni le lugubre drap noir, 

Ni le Dies irae farouche, 

Ne donnent forme au désespoir : 

La stupeur clôt l'âme et la bouche.

 

Incrédule à son propre deuil, 

On regarde au fond de la tombe, 

Sans rien comprendre à ce cercueil 

Sonnant sous la terre qui tombe.

 

C'est aux premiers regards portés, 

En famille, autour de la table, 

Sur les sièges plus écartés, 

Faire son deuil après un suicide

Vivre le suicide d’un proche, c’est entamer un deuil particulier et compliqué. Comment en effet pleurer la mort de quelqu’un qui l’a choisie et non subie ? Les tabous qui entourent cet acte ultime sont encore bien présents dans notre société, et les endeuillés ressentent souvent une gêne  qui les empêchent d’exprimer leurs sentiments.

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