Arrêtez les pendules

Arrêtez les pendules, coupez le téléphone,

Empêchez le chien d’aboyer pour l’os que je lui donne,

Faites taire les pianos et sans roulement de tambour,

Sortez le cercueil avant la fin du jour.

 

 Que les avions qui hurlent au dehors

Dessinent dans le ciel ces trois mots : Il Est Mort,

Nouez voiles noirs aux colonnes des édifices,

Gantez de noir les mains des agents de police.

 

Il était mon Nord, mon Sud, mon Est et mon Ouest,

Ma semaine de travail, mon dimanche de sieste,

Mon midi, mon minuit, ma parole, ma chanson,

Je croyais que l’Amour jamais ne finirait : j’avais tort.

 

Que les étoiles se retirent ; qu’on les balaye ;

Démontez la lune et le soleil,

Videz l’océan et arrachez la forêt ;

Car rien de bon ne peut advenir désormais.

W.H. Auden

Le voilier

Je suis debout au bord de la plage ;

Un voilier passe dans la brise du matin

et part vers l'océan.

Il est la beauté et la vie.

Je le regarde jusqu'à ce qu'il disparaisse à l'horizon.

Quelqu'un à mon côté dit : "Il est parti"

Parti vers où ? Parti de mon regard c'est tout !

Son mât est toujours aussi haut,

Sa coque a toujours la force de porter sa charge humaine.

Sa disparition totale de ma vue est en moi, pas en lui.

Et au moment où quelqu'un près de moi dit : « Il est parti »

Il y en a d'autres qui, le voyant poindre à l'horizon

et venir vers eux, s'exclament avec joie : "Le voilà"

William Blake

Au bord du vide

Nous voici aujourd'hui au bord du vide

Puisque nous cherchons partout le visage

que nous avons perdu.

Il était notre avenir et nous avons perdu notre avenir.

Il était des nôtres et nous avons perdu

cette part de nous-mêmes.

Il nous questionnait et nous avons perdu sa question.

Nous voici seuls, nos lèvres serrées sur nos pourquoi.

Nous sommes venus ici chercher,

chercher quelque chose ou quelqu'un.

Chercher cet amour plus fort que la mort.

Paul Éluard

La mort n'est rien

L'amour ne disparaît jamais.

La mort n’est rien.

Je suis seulement passé dans la pièce d’à côté.

Je suis moi, tu es toi :

Ce que nous étions l’un pour l’autre,

Nous le sommes toujours.

Donne-moi le nom que tu m’as toujours donné.

Parle-moi comme tu l’as toujours fait.

N’emploie pas un ton différent.

Ne prends pas un air solennel ou triste.

Continue à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.

Prie, souris, pense à moi, prie pour moi.

Que mon nom soit prononcé à la maison

Comme il l’a toujours été,

Sans emphase d’aucune sorte,

Sans trace d’ombre.

La vie signifie tout ce qu’elle a toujours signifié.

Elle est ce qu’elle a toujours été.

Le fil n’est pas coupé.

Pourquoi serais-je hors de ta pensée

Parce que je suis hors de ta vue ?

Je t’attends, je ne suis pas loin,

Juste de l’autre coté du chemin.

Tu vois tout est bien.

Henry Scott Holland

Dolorosae

Mère, voilà douze ans que notre fille est morte ;

et depuis, moi le père et vous la femme forte,

nous n'avons pas été, Dieu le sait, un seul jour

sans parfumer son nom de prière et d'amour.

Nous avons pris la sombre et charmante habitude

de voir son ombre vivre en notre solitude,

de la sentir passer et de l'entendre errer,

et nous sommes restés à genoux à pleurer.

Nous avons persisté dans cette douleur douce,

et nous vivons penchés sur ce cher nid de mousse

emporté dans l'orage avec les deux oiseaux.

Mère, nous n'avons pas plié, quoique roseaux

ni perdu la bonté vis-à-vis l'un de l'autre,

ni demandé la fin de mon deuil et du vôtre

à cette lâcheté qu'on appelle l'oubli.

Oui, depuis ce jour triste où pour nous ont pâli

les cieux, les champs, les fleurs, l'étoile, l'aube pure,

et toutes les splendeurs de la sombre nature,

avec les trois enfants qui nous restent, trésor

de courage et d'amour que Dieu nous laisse encor,

nous avons essuyé des fortunes diverses,

ce qu'on nomme malheur, adversité, traverses,

sans trembler, sans fléchir, sans haïr les écueils,

donnant au deuil du cœur, à l'absence, aux cercueils,

aux souffrances dont saigne ou l'âme ou la famille,

aux êtres chers enfuis ou morts, à notre fille,

aux vieux parents reprise par un monde meilleur,

nos pleurs, et le sourire à toute autre douleur.

Victor Hugo

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 On a divers sujets de mépriser la vie, mais on n'a jamais raison de mépriser la mort.  

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